De nombreux logements sont en situation de précarité énergétique et souffrent de déperditions énergétiques et d’inconfort. Cette situation, en plus d’impacter la satisfaction des habitants, fait gonfler la facture d’énergie. Les propriétaires bailleurs et les syndicats de copropriété doivent donc effectuer des travaux de rénovation énergétique pour parer à ce problème. Cela dit, ils n’ont bien souvent pas les moyens.

C’est pour y remédier que l’Agence Nationale de l’Habitat, l’Anah, a mis en place le programme Habiter Mieux.

Les spécificités du programme Habiter Mieux pour les propriétaires bailleurs et les copropriétaires

Le programme Habiter Mieux est une aide de l’État créée en 2010 pour effectuer des travaux de rénovation énergétique. Cette aide peut être attribuée aux propriétaires occupants sous conditions de revenus, aux propriétaires bailleurs souhaitant louer leur logement et aux syndicats de copropriété pour effectuer des travaux dans les parties et équipements communs. Ces aides sont cumulables avec d’autres aides financières tels que le Crédit d’imposition transition énergétique (CITE), l’Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) et des aides locales.

Pour bénéficier de cette aide, le logement doit répondre à des conditions générales :

  • avoir plus de 15 ans à la date où est acceptée la demande.
  • réaliser des travaux permettant d’atteindre au moins l’étiquette énergétique D.
  • assurer un gain d’énergie de minimum 35%.

Cependant, chaque bénéficiaire doit répondre à d’autres conditions plus précises pour pouvoir prétendre au programme Habiter Mieux.

Le propriétaire bailleur doit être accompagné par un opérateur conseil pour effectuer les diagnostics énergétiques avant travaux et l’aider dans les démarches administratives. Il doit avoir également recours à une entreprise RGE, c’est-à-dire « reconnue garante de l’environnement » (obligatoire à partir du 1er janvier 2019).

Une copropriété fragile ou en difficulté1 pourra bénéficier de ce programme seulement si elle a été construite avant le 1er juin 2001 et est inscrite au Registre d’immatriculation des copropriétés. Elle doit comporter un minimum de 75% de lots occupés en résidence principale, avoir une étiquette énergétique évaluée entre D et G et avoir un taux d’impayés de charges compris entre 8 et 15% pour les copropriétés de plus de 200 lots et entre 8 et 25% pour les copropriétés de moins de 200 lots. La prise en charge d’une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) fait également partie de ce programme et peut aller jusqu’à 180€ par logement.

Le montant de l’aide varie selon l’acteur :

Propriétaires bailleurs Copropriétés fragiles Copropriétés en difficulté
Montant de la subvention Entre 25% et 35% du montant total des travaux HT, 750€ par m2 25% du montant total des travaux HT Entre 35% et 50% du montant total des travaux HT
Limite par logement 80m2, soit 60 000€ 3 750€ 5 250€
Prime Habiter Mieux 1 500€ 1 500€ 1 500€

 

Comment ce dispositif se met-il en place ?

Après avoir réalisé un diagnostic de performance énergétique (DPE) et déposer votre dossier de demande de subvention, vous pourrez commencer les travaux de rénovation thermique. Voici quelques exemples de travaux efficaces à mettre en place.

1/ Changer le système de chauffage et procéder à l’isolation des façades

Un peu plus de 950 000 immeubles français sont chauffés par de vieilles chaudières au fuel (1). Installer un nouveau système de chauffage ou une nouvelle chaudière permet de faire des économies tout en garantissant un rendement rapide, un meilleur confort aux habitants et moins de pollution.

Ce qu’il est possible de faire : choisir une chaudière à condensation à gaz pour un rendement non négligeable (plus de 105%). L’installation coûte aux alentours de 6 000€ TTC lorsque celle-ci est installée par un professionnel (2).

2/ L’isolation des façades

Opter pour un nouveau chauffage sans isoler les façades correctement résultera en des déperditions d’énergie et de l’argent dépensé inutilement. Procéder à ces deux opérations simultanément permettra de générer un gain énergétique de 45% (3). Une bonne isolation permet de réaliser 27% d’économie, pour un coût entre 2 500 et 5 000€ et une économie annuelle entre 475 et 700€ (4). L’isolation par l’extérieur est à privilégier car elle permet de limiter de manière significative les déperditions thermiques et d’économiser sur le chauffage : vous pouvez compter sur une économie annuelle de près de 450€ pour un chauffage au gaz (5).

Ce qu’il est possible de faire : isoler les façades par l’extérieur avec une couche d’isolant (laine de roche, par exemple) pour un coût estimé entre 50€ et 80€ HT par m2(5). Pour plus d’efficacité, couplez l’isolation à la pose de fenêtres à double vitrage pour une isolation thermique encore plus performante.

3/ L’amélioration ou remplacement du système de ventilation

La ventilation est bien plus importante qu’il n’y paraît. Elle permet d’assurer une bonne qualité d’air, d’éviter les pollutions intérieures et de réduire la consommation énergétique. L’air est réchauffé plus rapidement lorsqu’il est sec : le chauffage en hiver sera donc plus rapide et efficace.

Ce qu’il est possible de faire : installer une VMC simple flux hygroréglable qui ajuste le débit d’air et régule la ventilation du logement en fonction de l’humidité de chaque pièce. Il faut compter aux alentours de 800€ HT pour le coût de cette VMC (6), mais le retour sur investissement ne prend que quelques années et évitera le développement de moisissures ou l’écaillement de la peinture.

Ces travaux représentent un coût important, mais leur rentabilité n’est pas à négliger.

La rentabilité d’une rénovation énergétique

Réaliser des travaux de rénovation thermique permet de faire baisser la facture énergétique. Ils assurent une rentabilité rapide de l’investissement, un meilleur confort et l’augmentation de la valeur des logements.

Un exemple de rénovation énergétique réussie est donné par Réassurez-moi (7). Un immeuble dont l’étiquette énergétique est E voit sa facture de gaz augmenter et constate des différences de chaleur dans les appartements suivant leur exposition. Les habitants déplorent un manque de confort. Le syndicat de copropriétaires vote alors des travaux de rénovation énergétique : l’isolation des façades extérieures, l’isolation de la toiture de la terrasse, le remplacement des baies vitrées et fenêtres et une meilleure régulation du chauffage suivant les logements. Ce bouquet de travaux engendrera un retour sur investissement sur 15 ans et assurera 38% d’économies d’énergie. À court terme, soit 2 ans, l’immeuble a gagné en confort et est passé en classe C.

Effectuer les travaux de rénovations énergétiques permet également de valoriser le bien immobilier. Un bien immobilier est noté entre A et G selon ses performances énergétiques et son émission de gaz à effet de serre : un logement économe sera noté A tandis qu’un logement gourmand en énergie (« passoire thermique ») sera noté G. Cette différence de performance se ressent dans les ventes de logements (8) :

  • un logement individuel classé A ou B se vend en moyenne 6 à 14% plus cher qu’un logement classé D.
  • dans les logements collectifs, les appartements classés A ou B se vendent entre 6 et 22% plus cher que ceux classés D.

On note ainsi, en moyenne, une plus-value de 10% pour les logements classés A ou B et une majoration de 5% à chaque catégorie. Passer d’un logement G à A fait augmente donc sa valeur de 30% (8).

 

Avoir recours au programme Habiter Mieux aide les propriétaires à améliorer leur performance énergétique tout en assurant un retour sur investissement et une meilleure plus-value de leur bien. Si vous envisagez de bénéficier de cette aide, vous pouvez contacter notre équipe d’experts. Contrevent vous accompagnera tout au long de votre projet et de vos démarches administratives. Laissez-nous un commentaire à la suite de cet article ou contactez-nous par email à contrevent@contreventimmobilier.com ou par téléphone au 01 42 50 67 61.  Notre équipe de spécialistes sera ravie de vous aider.

 

1Une copropriété dite en difficulté fait l’objet d’une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (OPAH) « copropriétés dégradées », d’une OPAH avec un volet « copropriétés dégradées », d’une Opération de Requalification des Copropriétés Dégradées (ORCOD), d’un plan de sauvegarde ou est placée sous administration provisoire.

Sources :

(1) État des lieux du chauffage au fioul domestique dans les immeubles français | Fioulreduc (2) Les chaudières au gaz naturel | Conseils thermiques (3) Habiter mieux en copropriété : de quoi s’agit-il ? | Salon de la copropriété (4) Rénovation énergétique : les travaux les plus rentables | Travaux.com (5) Prix de l’isolation par l’extérieur | Travaux.com (6) VMC simple flux hygroréglable | L’énergie tout compris (7) Rénovation énergétique dans une copropriété | Réassurez-moi (8) La valeur verte des logements en 2017 | Notaires de France

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